91. Le Berligou N, cépage breton

Une variété de Pinot Noir est connue en Bretagne sous ce nom.

La tradition fait remonter l’introduction de ce plant à la fin du Moyen Age, le duc de Bourgogne ayant fait don de ceps au duc de Bretagne. Il reste à fournir les preuves de ce don qui pourrait bien se révéler une origine légendaire comme il en existe beaucoup d’autres au long du « fleuve royal » qu’est la Loire.

Les premières mentions pratiques, elles aussi à vérifier, dateraient du 16e  siècle. Diverses pièces d’archives attesteraient la culture d’un plant de vigne nommé berligou. Au tout début du 19 siècle, lors de l’envoi de ceps de vignes locales à Paris pour la constitution de la collection du Luxembourg, il est bien fait mention dans la notice d’accompagnement des plants locaux cultivés dans le département de la Loire-Atlantique, d’une variété nommée berligou.

La parenté étroite du Berligou N avec le Pinot Noir N à été établie sans conteste par la biologie moléculaire en 2003 (J.-M. Boursiquot) selon berligou.association. Cette parenté est presque totale mais une faible différence génétique fait du Berligou N une variété autonome, un cépage à proprement parler.

La culture de ce plant devenu breton au fil du temps a été relancée il y a quelques années. Le nom berligou s’ajoute aux diverses dénominations qui rythment le cours de la Loire depuis le Moyen Age pour dénommer le pinot : auvernat, orléans, plant de beaune pour les plus anciens qui rendent plausible une introduction du berligou en Bretagne au 14e  ou au 15e  siècle, dans des conditions à préciser. Il clôt sur les rives océaniques le long périple du Pinot Noir N.

Le Berligou N vient d’être inscrit (2019) au catalogue des variétés autorisées en France.

Sources
Guy Saindrenan, La vigne et le vin en Bretagne, coop breizh, 2011
berligou.association.fr

91. Le Berligou N, cépage breton

90. Grolleau en Anjou et en Touraine depuis le 18e siècle

Aujourd’hui, il est connu sous les noms Grolleau Noir N et Grolleau Gris G. Il existe des mentions de grolleau blanc au 19e siècle, probablement liées à la couleur du vin plutôt qu’à celle des baies.
Grolleau (ou grosleau, groleau) pourrait dériver de grolle qui signifierait corneille et faire allusion à la couleur des baies.
Une graphie groslot a été utilisée à la fin du 19 siècle, au moment de ce que l’on appelle la reconstitution du vignoble, pendant la crise phylloxérique, car on planta beaucoup de ce cépage réputé rapporter gros.  Ces rendements excessifs ont d’ailleurs nui à la réputation du cépage.

Le Grolleau est sans doute une variété vernaculaire, obtenue dans le Val de Loire. Il est partagé par l’Anjou, surtout blanc aux sols calcaires, et la Touraine occidentale. Le grolleau est en effet absent des sources dans le Vendômois, le Blésois et la Sologne. Il a été fort présent à Amboise.

Dans l’histoire des variétés utilisées dans la Loire, il apparaît tardivement, à la fin du 18e  siècle, mais sa présence massive en Indre-et-Loire dans les enquêtes de terrain de 1808 attestent déjà une assise solide vers 1800. Ce cépage est très probablement plus ancien que la fin du 18e siècle, mais il n’est pas possible d’être plus précis. On est ici confrontés à une carence documentaire dont on ignore jusqu’à l’importance. Génétiquement, l’un de ses deux parents est le Gouais, gros géniteur, l’autre n’est pas identifié. Le flou règne, là aussi…

Le nom Grolleau de Cinq-Mars, en référence à la commune de l’ouest tourangeau, atteste sinon son origine dans les environs, au moins un centre de diffusion ou de rediffusion d’une intra-variété appréciée. Il existe aussi quelques références à un Grolleau de Vallères, commune située sur l’autre rive de la Loire, presque en vis-à-vis de celle de Cinq Mars.  Aujourd’hui le Grolleau tient une place importante de l’encépagement de Vallères (AOC Touraine) alors que la vigne a pratiquement disparu à Cinq Mars. De telles micro-variantes dans les noms sont à prendre en considération car elles sont susceptibles de correspondre à des obtentions locales qui reflètent la diversité génétique d’un cépage. La mutation grise est attestée en collection, très peu dans la vigne, quoique certains vignerons revendiquent encore la présence de ceps de Grolleau gris dans leur encépagement.
Comme il est rarement fait mention de Grolleau blanc, il semble que la couleur renvoie à celle du vin, issu de grolleau gris, voire rouge, traités en blanc plutôt qu’à une mutation blanche.
Aujourd’hui de nombreux vignerons en Anjou et en Touraine s’attachent à produire, non plus seulement des vins rosés, mais des vins rouges qui révèlent mieux les particularités du cépage.
Comme nombre de variétés locales, le Grolleau est connu sous ce seul nom.

Sources
voir les articles n° 6, 17, 18, 32, 42, 56 et 72 dans lesquels le Grolleau est mentionné
.

90. Grolleau en Anjou et en Touraine depuis le 18e siècle

89. Le Liverdun à Esvres (Indre-et-Loire) au 19e s.

Dans l’édition de 1874 (p.18-19) de son Ampélographie, Odart écrit « Parmi les exemples nombreux dont j’ai le choix (pour montrer qu’un cépage introduit dans un vignoble pouvait donner du meilleur vin que n’en donnaient les cépages du pays), je n’en citerai qu’un, celui du Liverdun, peu estimé vers la Moselle, d’où il nous est venu, qui se conduit dans mon vignoble de la manière la plus satisfaisante. »

Dans l’édition du Cours complet d’Agriculture sous la direction de Louis Vivien en 1839 (T.17b) une distinction avait été faite entre le cépage Liverdun de Moselle et celui de la Meurthe, nommé aussi Ericé, lequel diffère peu du pineau (lire Pinot noir) et fournit de très bons vins.

Les décennies du 19e siècle consacrées à l’élucidation des noms donnés aux cépages montrent de très nombreux exemples où l’identification d’une variété derrière un nom était très problématique. Très souvent un même nom désignait des cépages distincts d’un lieu à l’autre, souvent proches. Pour compliquer le tout, un même cépage pouvait porter des noms distincts au même moment d’un lieu à l’autre.

Il est délicat de tirer des conclusions des avis divergents souvent présentés comme une propriété intrinsèque de la variété alors que l’avis favorable ou défavorable reflète l’attente des uns et des autres et/ou le résultat de la conduite des plants, vers la qualité ou la quantité.

Il faut à la fois rendre hommage aux précurseurs de l’ampélographie des années 1830-1875 et manier leurs travaux avec circonspection tant la tâche qu’ils accomplissaient était immense.

89. Le Liverdun à Esvres (Indre-et-Loire) au 19e s.

88. Floreal, nouvelle variété de vigne interspécifique

Sous le titre Le floreal dans l’espace sensoriel des vins blancs du Val de Loire, le site Techniloire.com fait partdes avancées au sujet de cette nouvelle variété, dans un article publié 11 juin 2020.

Le site http://plantgrape.plantnet-project.org/fr/ note : La variété Floréal (hybride interspécifique) a été obtenue par l’INRA. Il s’agit d’un croisement interspécifique entre le Villaris et l’INRA 3159-2-12. Elle est officiellement inscrite au « Catalogue des variétés de vigne » depuis 2018.
Pour sa part le Villaris est issu d’un croisement interspécifique entre le sirius et le villard blanc obtenu en 1984 par Rudolf Eibach et Reinhard Topfer au Centre fédéral de recherches Geilweilerhof à Sielbeldingen (Allemagne) précise le site http://lescepages.free.fr/.
Un certain nombre de spécialistes souhaitent que de telles créations de variétés soient distinguées des cépages qui, à proprement parler, sont des croisement intraspécifiques de la seule variété de vigne vitis vinifera. Pour éviter la confusion.
Le changement climatique en cours et la nécessité de réduire l’usage de produits de synthèse dans la vigne sont les motifs de la création de ces variétés dites résistantes aux maladies.
Lorsqu’on lit que le profil aromatique du floreal est proche de celui du sauvignon et que, jusqu’à 30% d’assemblage,il ne modifie presque pas ce profil, on peut s’interroger sur ce que l’on boira demain, par exemple, sous l’appellation Touraine.

88. Floreal, nouvelle variété de vigne interspécifique