28. Des cépages du Berry en 1762

Dans un article intitulé « Les vendanges dans le Berry de la fin du XVe siècle à la Révolution française » (Mémoires de la soc. hist. du Cher, 1887), H. Duchaussoy mentionne une liste des cépages employés en 1762 d’après les « Eclaircissements donnés à Messieurs de la Société royale d’agriculture de Bourges » où il apparaît que

l’on cultivait à Coulon-lès-Graçay « le petit genoilleret, le noir tendre, le corps, l’auvernat blanc, le chaumoreau, le bourdelas et le gouche ». Dans les paroisses de Saint-Baudel, Villecelin, Condé, Montlouis, Ineuil, Chambon, Vallenay, et Saint-Symphorien, les vignes étaient plantées, à la même époque « avec le cépage ordinaire du Berry » ; celui-ci est –ajoute H. Duchaussoy – connu sous le nom de cors, grand noir ou franc-moreau dans les différentes localités du Cher : il se cultive dans le Bordelais sous le nom de pied-de-perdrix ou de côt à queue rouge.

Le genoilleret des environs de Graçay se nomme genouillet dans le département de l’Indre, où il forme le fonds des vignes d’Issoudun. L’auvernat blanc est peu cultivé aujourd’hui.

 

Identifications

L’auvernat blanc certainement un ‘Chardonnay B‘ ou un ‘Pinot B‘ (vrai) est le seul raisin blanc nommé. Son abandon au moment ou écrit Duchaussoy, plus d’un siècle après le mémoire de 1762, est révélateur d’une modification de l’encépagement. Souvent, les raisins ou plants exigeants ont été abandonnés avant 1700. Ici, cet auvernat blanc serait résiduel.

Le petit genoilleret est un ‘Genouillet N’, plant autochtone aujourd’hui en cours de réhabilitation dont le nom s’est fixé sous cette forme.

Les noir tendre, corp, cors, chaumoreau, grand noir ou franc-moreau sont des Sélections du ‘Côt N’ de même que les pied de perdrix et côt à queue rouge dits ici du Bordelais. Tous ces synonymes sont révélateurs du succès et de l’implantation des côts à partir de multiples sources d’approvisionnement.

H. Duchaussoy précise  plus loin dans son texte  que le gouche donne un vin qui n’est bon qu’à faire du vinaigre. Il en va certainement de même du bourdelas, dénomination qui désigne très souvent les raisins des treilles dont le produit est utilisé comme raisin de table ou pour faire du verjus à des fins culinaires ou encore du vin de « dépense » destinés aux domestiques ou aux ouvriers.

Cette liste est certainement partielle car elle n’évoque pas les plants connus par ailleurs dans le Berry comme les Pinot ou Sauvignon. La qualification des divers côts en cépage « ordinaire du Berry » est certainement révélatrice de l’objet de ces « éclaircissements » qui devaient concerner le tout-venant de la production.

Voir les articles n°22 : Samoireau – n°15 : Côt

A suivre

Voir le rectificatif apporté dans l’article n°51, septembre 2017

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