40. Vin de Suren, vin de surin

L’anecdote, est rapportée, à partir d’auteurs plus anciens, au début du 19e siècle, par J. Peuchet et P. G. Chanlaire  Elle se trouve au T.II de leur Description topographique et statistique de la France dans une notre infra-paginale de la notice consacrée au département de Loir-et-Cher (1810 ?).  Cette note cite Victor-Donatien de Musset-Pathay (auteur en 1810 de Bibliographie agronomique) :

« Il y a une opinion assez commune sur laquelle il est bon de donner quelques éclaircissements. Elle est relative à la réputation du vin de Surène [Suresnes], village situé sur le bord de la Seine, à deux lieues de Paris. On croit communément que le vin produit par les vignes plantées près de ce village, a jadis été d’une bonne qualité, et que même il a paru sur la table de nos rois. Voici ce qui a donné lieu à cette opinion.  Il y a aux environs de Vendôme, dans l’ancien patrimoine de Henri IV, une espèce de raisin que dans le pays on appelle suren. Il produit un vin blanc très agréable à boire, que les gourmets conservent avec soin parce qu’il devient meilleur en vieillissant. Henry IV faisait venir ce vin à la cour, il le trouvait très bon. C’en fut assez pour qu’il parût très bon aux courtisans ; et l’on but pendant le règne de ce monarque, du vin de suren. Il y a encore dans le Vendômois un clos de vignes qu’on appelle Clos de Henri IV. Louis XIII n’ayant pas pour le suren, la prédilection du roi son père, ce vin passa de mode et perdit sa renommée. Dans la suite, on crut que c’était de village de Surêne qui avait produit le vin qu’on buvait à la cour. La ressemblance des noms avait causé cette erreur. »

 

Merlet en 1667   présente un surin comme une sorte de meslier apprécié en Auvergne, assertion reprise par l’Encyclopédie au 18e siècle. Par la suite,  on trouve mention en Touraine à plusieurs reprises au début du 19e siècle. Il est cité comme un synonyme de Fumé dans l’Orléanais un peu plus tard. C’est un des noms du ‘Sauvignon B’  dans la Loire Moyenne.

 

Louis Levadoux considérait que les noms sauvignon, fié, surin sont des synonymes sémantiques qui font tous allusion au caractère « sauvage » de plantes. Surin désigne par exemple le pommier sauvage, non greffé ; fié dérive de fier, ferus en latin : sauvage. On aurait donc affaire avec eux  à des cépages archaïques.

 

Une dispute entre Suresnes et la Loire n’a pas lieu d’être, car on se trouve là dans un domaine où les arguments sont recevables  sans être du même ordre : il y avait bien des vins « françois » à Suresnes, il y avait bien  un plant nommé surin dans la Loire. Les discussions n’ont pas de fin dans de telles conditions. Elles sont affaire d’opinion s’il s’agit d’imposer une lecture unique et exclusive.

40. Vin de Suren, vin de surin

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