90. Grolleau en Anjou et en Touraine depuis le 18e siècle

Aujourd’hui, il est connu sous les noms Grolleau Noir N et Grolleau Gris G. Il existe des mentions de grolleau blanc au 19e siècle, probablement liées à la couleur du vin plutôt qu’à celle des baies.
Grolleau (ou grosleau, groleau) pourrait dériver de grolle qui signifierait corneille et faire allusion à la couleur des baies.
Une graphie groslot a été utilisée à la fin du 19 siècle, au moment de ce que l’on appelle la reconstitution du vignoble, pendant la crise phylloxérique, car on planta beaucoup de ce cépage réputé rapporter gros.  Ces rendements excessifs ont d’ailleurs nui à la réputation du cépage.

Le Grolleau est sans doute une variété vernaculaire, obtenue dans le Val de Loire. Il est partagé par l’Anjou, surtout blanc aux sols calcaires, et la Touraine occidentale. Le grolleau est en effet absent des sources dans le Vendômois, le Blésois et la Sologne. Il a été fort présent à Amboise.

Dans l’histoire des variétés utilisées dans la Loire, il apparaît tardivement, à la fin du 18e  siècle, mais sa présence massive en Indre-et-Loire dans les enquêtes de terrain de 1808 attestent déjà une assise solide vers 1800. Ce cépage est très probablement plus ancien que la fin du 18e siècle, mais il n’est pas possible d’être plus précis. On est ici confrontés à une carence documentaire dont on ignore jusqu’à l’importance. Génétiquement, l’un de ses deux parents est le Gouais, gros géniteur, l’autre n’est pas identifié. Le flou règne, là aussi…

Le nom Grolleau de Cinq-Mars, en référence à la commune de l’ouest tourangeau, atteste sinon son origine dans les environs, au moins un centre de diffusion ou de rediffusion d’une intra-variété appréciée. Il existe aussi quelques références à un Grolleau de Vallères, commune située sur l’autre rive de la Loire, presque en vis-à-vis de celle de Cinq Mars.  Aujourd’hui le Grolleau tient une place importante de l’encépagement de Vallères (AOC Touraine) alors que la vigne a pratiquement disparu à Cinq Mars. De telles micro-variantes dans les noms sont à prendre en considération car elles sont susceptibles de correspondre à des obtentions locales qui reflètent la diversité génétique d’un cépage. La mutation grise est attestée en collection, très peu dans la vigne, quoique certains vignerons revendiquent encore la présence de ceps de Grolleau gris dans leur encépagement.
Comme il est rarement fait mention de Grolleau blanc, il semble que la couleur renvoie à celle du vin, issu de grolleau gris, voire rouge, traités en blanc plutôt qu’à une mutation blanche.
Aujourd’hui de nombreux vignerons en Anjou et en Touraine s’attachent à produire, non plus seulement des vins rosés, mais des vins rouges qui révèlent mieux les particularités du cépage.
Comme nombre de variétés locales, le Grolleau est connu sous ce seul nom.

Sources
voir les articles n° 6, 17, 18, 32, 42, 56 et 72 dans lesquels le Grolleau est mentionné
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90. Grolleau en Anjou et en Touraine depuis le 18e siècle